le 15 octobre 2025

Épisode 3 : Deuxième vie d’un conteneur maritime aménagé

Huit ans d’aventure qui s’achèvent

Il y a deux mois, exactement huit ans, jour pour jour, après avoir embarqué pour mon premier voyage à bord du Royal Duchess, j’ai achevé mon dernier voyage.

Hasard de la vie ou signe du destin, il s’agissait exactement du même trajet que pour mon premier embarquement, entre les ports de Shenzhen et de Rotterdam… La boucle était bouclée

Durant ces huit ans, j’ai pris un immense plaisir à parcourir le monde au milieu de mes semblables. Mais cela a eu un coût…

A chaque escale, je changeais légèrement, plus riche de découvertes et d’expériences mais aussi plus usé.

Les embruns marins ont laissé leur empreinte, le soleil a attaqué ma « peau », les cargaisons chargées et déchargées m’ont laissées toujours plus de traces et de meurtrissures.

Plusieurs fois, durant ma carrière, on m’a soigné, réparant une fissure ici, ou reprenant une soudure là. Finalement, j’étais encore en bon état pour mon âge

Malgré la fatigue et l’usure, j’ai poursuivi ma mission, fier de porter en mon sein des marchandises, des souvenirs, des objets que des inconnus avaient jugés précieux ou insignifiants, mais qu’il fallait, quoi qu’il en coûte, amener à bon port.

Petit à petit, je sentais que la fin approchait… J’étais à la fois soulagé et anxieux de ce qu’il allait arriver ensuite.

Puis, lors de ma dernière inspection, la sentence est tombée : retrait du service maritime.

Fini les voyages, fini les découvertes de nouveaux lieux et territoires… J’étais désormais réformé…

Qu’allais-je donc devenir ?

La transformation : de conteneur de voyage à hébergement

Alors que j’étais en plein doute, In’Box a décidé, au regard de mon état, de me donner une seconde vie. En effet, en plus de leur activité de transport maritime, la société recyclait les conteneurs en bon état, pour les proposer à ceux qui en avait besoin…

Adieu ma vie maritime, bonjour ma nouvelle vie terrestre. Mais en quoi allais-je être transformé ?

Container de restauration, stockage, espace éphémère, bureau… Qu’avaient-ils imaginé pour moi ?

Enfin est venu le moment de ma dernière transformation.

J’ai été chargé sur un camion et ai fait un long trajet entre le port de Rotterdam et la Dordogne, en France… Un drôle d nom que ce point de chute : Boulazac-Isle-Manoire.

Là, quelque chose de magique s’est produit.

Mes murs métalliques, froids et impersonnels, ont commencé à se métamorphoser. Avec quelques travaux, beaucoup d’imagination et un soupçon de folie, on m’a complétement transformé : isolation, installation électrique, pose de murs, bardage extérieur… Il en a fallu des heures de travail pour faire de moi un lieu d’hébergement unique :

Désormais, je suis fier de ce que je suis devenu. Un lieu chaleureux et fonctionnel, grâce à l’ajout de bois et de lumières douces. Mais également polyvalent, pouvant accueillir des voyageurs, des artistes, ou servir de studio de création.

Mais je ne renie pas ce que j’ai été durant des années, chaque bosse et chaque rayure racontant un fragment de mon histoire.

Moi, pendant longtemps n’’était qu’un simple numéro parmi tant d’autres suis devenu un lieu de vie.

Et pour moi, ce n’est pas juste une transformation physique, c’est une transformation intérieure.

Voir quelque chose de brut et de banal devenir beau et utile m’a appris à regarder le potentiel caché partout, même dans les objets ou les expériences les plus ordinaires.

La leçon : voyager, c’est se transformer

Aujourd’hui, quand je me regarde, je ne vois plus un conteneur.

Je vois un lieu de mémoire, d’aventure et de créativité.

Mon dernier voyage ne marque pas la fin, mais le début d’une nouvelle vie — la mienne et celle des voyageurs qui franchiront ma porte dans les années à venir.

Chaque conteneur, chaque objet, chaque lieu a une histoire. Et parfois, il suffit de voyager un peu pour la découvrir… et de transformer ce que l’on touche en quelque chose d’unique.

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